- 22 févr.
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Dernière mise à jour : 24 févr.
Le projet VINCI-ADIM expliqué
Je souhaite rétablir un peu de sérénité en clarifiant les choses à propos du projet de constructions d’habitats sur le secteur de la ZI des 70 Arpents, le long de la RN1. Ce sujet a pu prêter à interprétations, particulièrement durant cette période de campagne électorale. Il est important que chacun comprenne les raisons qui m’ont conduit à défendre une position nuancée, respectueuse de notre cadre de vie et de nos obligations légales.
Un projet équilibré pour concilier obligations réglementaires et préservation de notre cadre de vie
Ce sujet suscite des interrogations, et il est important que chacun comprenne les enjeux, les contraintes, mais aussi les opportunités qu’il représente pour notre commune. Mon approche a toujours été guidée par un principe simple : trouver le juste équilibre entre les obligations qui nous sont imposées et la préservation du caractère unique de Montsoult, ce « village » à l’âme préservée que nous aimons tous.
Un engagement clair et constant depuis 2020
Comme je l’ai affirmé il y a 6 ans dans mon argumentaire de campagne de 2020, je m’opposais à la reconversion de 13 hectares (sur 17) du secteur Vinci en habitats, car ce projet était beaucoup trop urbanisant. Par contre, j’écrivais également que je ne m’opposerais pas à la création d’une bande de terrain le long de la RN1 accueillant de l’habitat, sous certaines conditions. En effet, la RN1 devant être à moyens termes reconvertie en avenue de ville et renommée RD78, il n’était pas incohérent d’envisager l’implantation d’habitat des deux côtés de cette nouvelle avenue.
Après ma prise de fonctions fin mai 2020, j’ai reçu dès la rentrée les représentants du Groupe Vinci venant me questionner sur la suite que je souhaitais donner à ce projet de création d’un vaste ensemble immobilier sur 13 hectares. Ma réponse fut sans détour : « tant que je serrai aux affaires, un tel projet ne verra jamais le jour ». En revanche, j’ai toujours été ouvert à une solution plus mesurée : l’aménagement d’une bande de terrain le long de la RN1, future RD78, pour y accueillir de l’habitat, mais sous des conditions strictes.
Cette position n’a jamais varié, et elle s’inscrit dans une volonté de préserver Montsoult tout en répondant aux défis qui nous sont imposés.
Je précise également que j’ai très largement abordé ce sujet en 2024, lors de ma réunion publique sur l’Urbanisme.
Pourquoi ce projet est pertinent
1. Répondre au besoin de l’offre aux primo-accédants
Lorsque la Direction du Territoire de notre Préfecture a été informée du lancement de la révision de notre PLU fin 2020, elle nous a alertés sur un point crucial : Montsoult ne proposait aucune offre de logement accessible aux primo-accédants. Cette carence nous a été signalée comme un problème à régler en priorité. J’ai donc interrogé les représentants de Vinci sur leur capacité à répondre à ce besoin. Leur filiale, l’ADIM, est spécialisée dans la création de logements primo-accédants, proposés à des prix inférieurs de 10 à 15 % à ceux du marché. Il ne s’agit pas de logements sociaux, mais bien d’une opportunité pour les jeunes ménages de devenir propriétaires dans notre commune, à des prix attractifs.
2. Respecter les obligations du SDRIF-E
Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France - Environnement (SDRIF-E) nous impose une augmentation de 15 % du nombre de logements d’ici 2040. Pour Montsoult, cela représente environ 270 logements supplémentaires à permettre (et non à construire directement). Refuser d’intégrer cette clause dans le futur PLU nous exposerait à un rejet de celui-ci par les autorités compétentes, avec obligation de proposer un PLU conforme et supporter les coûts induits : solliciter de nouveau le bureau d’étude, recommencer la procédure (enquête publique, etc). Voir notre article sur les PPA.
Montsoult dispose de plusieurs grandes parcelles constructibles : 7 000 m² rue Parmentier, 6 600 m² rue de Villaines, 4 000 m² rue des Clottins, 2 500 m² rue Pierre et Marie Curie, et environ un hectare sur le secteur de la Pépinière, une fois déduit le maintient d'une Coulée Verte et d'une grande esplanade valorisant le Cône de Vue depuis la rue de la Mairie. En déportant une partie de ces 270 logements à l’extérieur du centre-ville, nous allégeons mécaniquement la pression urbaine sur notre agglomération. Ainsi, en créant une centaine de logements le long de la RN1, nous réduisons d’autant l’obligation de les permettre en centre-ville. Il nous resterait alors à répondre à la faisabilité de 170 logements en centre-ville, au lieu de 270. Cela représente une réduction de plus d’un tiers du potentiel urbanisable imposé, ce qui est loin d’être négligeable.
3. Préserver l’identité du centre-gare
Le SDRIF-E impose également une densification autour des gares, afin d’encourager l’utilisation des transports collectifs plutôt que de la voiture individuelle. Notre PLU actuel, datant de 2005, répondait déjà en partie à cette exigence. Cependant, en observant les plans de notre PLU, on constate que la zone UC (à forte densité urbaine) s’étend de la gare jusqu’à plus de 100 mètres au-delà du rond-point de la Gendarmerie, soit plus des deux-tiers de l’avenue Fourcade.
Prenons un exemple concret : le bâtiment construit au début des années 2000 à côté du grand parking Fourcade, sur l’emplacement de l’ancienne station-service, illustre le type de construction qui pourrait se généraliser sur l’ensemble de ce secteur, des deux côtés de l’avenue. Cela signifierait la fin du caractère pavillonnaire caractéristique qui fait aujourd’hui le charme de l’avenue Fourcade.
Je m’oppose fermement à cette perspective. Mais comment faire, alors que le SDRIF-E nous impose cette densification ? La solution réside dans le projet le long de la RN1. En effet, ce secteur se situe à environ 500 mètres en ligne droite de la gare. On peut donc considérer qu’il peut être assimilé théoriquement aux critères qui définissent les pôles-gares (rayon passé de 500 à 800 mètres récemment). En concertation avec le bureau d’études qui nous accompagne dans la révision du PLU, il est apparu non seulement acceptable, mais aussi très pertinent, d’envisager ce déport de zone urbanisable. Le trafic généré par ces nouveaux logements impacterait une avenue extérieure à la ville, directement connectée aux grands axes locaux (A16, Francilienne, Anneau de la Croix-Verte, départementales locales, etc), sans passer par le centre-ville. De plus, cette avenue à venir (RD78) va être aménagée selon des critères modernes, prenant en compte l’ensemble des problématiques de circulation et de sécurité.
Ainsi, nous pourrons réduire significativement la zone UC du pôle gare, et préserver l’identité urbaine qui fait aujourd’hui le charme de notre commune.
4. Une emprise au sol minimale et un cadre de vie préservé
Le projet imaginé en concertation avec Vinci-ADIM prévoit une emprise au sol du bâti de seulement 0,2, soit 20 % de la parcelle allouée. Pour comparaison, les zones UG, majoritaires à Montsoult, imposent une emprise au sol maximale de 0,3, soit 30 %. Cela signifie que ce projet sera le moins dense de toute la commune en termes d’occupation du sol.
Par ailleurs, le projet prévoit 1,5 place de stationnement privative par unité d’habitation, augmentées de places visiteurs, qui toutes, seront situées uniquement sur la parcelle allouée. Cela limite considérablement l’impact sur les stationnements de rue. Enfin, l’espace dédié aux parkings de surface sera fortement arboré, créant ainsi un rideau végétal autour des trois petits bâtiments prévus. Ce choix permet de préserver la qualité paysagère du secteur et d’intégrer harmonieusement ce projet dans son environnement.
5. L’opportunité de créer un Centre Municipal de Santé
En 2025, j’ai lancé une étude pour la création d’un Centre Municipal de Santé. J’ai associé l’ADIM pour réfléchir à intégrer dans son projet l’aménagement de locaux adaptés à cette structure. Ce Centre Municipal de Santé serait situé en rez-de-chaussée, avec un accès indépendant et conforme aux normes PMR (Personnes à Mobilité Réduite), donnant directement sur le parking. Ils pourraient accueillir jusqu’à trois praticiens, avec un accueil, une salle d’attente, et des espaces dédiés.
Ce modèle de centre de santé, aidé par l’Agence Régionale de Santé (ARS) et la Sécurité Sociale, est particulièrement plébiscité par la nouvelle génération de médecins, qui tend à préférer le salariat à l’exercice libéral. Nous attendons désormais l’étude chiffrée de ce dispositif pour mesurer précisément la part de financement qui incombera à la commune, ainsi que les subventions et aides auxquelles nous pourrons prétendre. Ce centre serait une avancée majeure pour notre commune, en améliorant l’accès aux soins pour tous les Montsoultois.
6. Anticiper l’accroissement démographique
L’accroissement de population lié à la création de ces 270 logements d’ici 2040 doit être anticipé, notamment en termes d’infrastructures scolaires. La restructuration et l’agrandissement du Groupe Scolaire Jules Ferry, finalisé et inauguré en 2023, s’inscrivait déjà dans cette logique. Trois salles de classe supplémentaires y ont été créées, et une quatrième est à l’étude. Par ailleurs, l’étude pour un agrandissement et une restructuration du Groupe Scolaire Alphonse Daudet, lancée depuis fin 2024, permettra d’accueillir davantage d’élèves et d’offrir des conditions d’apprentissage optimales. Nous travaillerons à l’élaboration de P.U.P. (Projet Urbain Partenarial), avec les entités qui seront acteurs sur notre territoire, en vue de les faire participer à la réalisation des infrastructures nécessaires (extension de groupe scolaire, aménagements de voiries, équipements divers, etc).
En résumé : un projet équilibré, pour une commune préservée
La création d’une centaine de logements le long de la RN1, sur le secteur Vinci, présente de nombreux avantages pour Montsoult :
Répondre aux obligations du SDRIF-E sans sacrifier l’identité de notre commune.
Offrir une solution aux primo-accédants, avec des logements de qualité et uniquement en accession à la propriété (pas de logements sociaux).
Déplacer à l’extérieur du centre-ville une grande partie de l’augmentation de 15 % de logements imposée par la Région, réduisant ainsi la pression urbanistique sur notre centre-ville.
Réduire la zone UC du pôle gare et préserver le caractère pavillonnaire de l’avenue Fourcade, tout en respectant les impératifs du SDRIF-E.
Créer un projet urbanistique à très faible emprise au sol, avec des espaces verts et une intégration paysagère soignée.
Profiter de cette opportunité pour doter Montsoult d’un Centre Municipal de Santé moderne, répondant aux besoins de notre population.
Une démarche responsable et transparente
Ce projet est le fruit d’une réflexion approfondie, visant à concilier les contraintes réglementaires avec la préservation de notre cadre de vie. Il s’agit d’une solution équilibrée, qui permet à Montsoult de se projeter sereinement dans l’avenir, sans renoncer à ce qui fait son charme et son identité.
Ensemble, nous pouvons construire un avenir où Montsoult continuera d’allier qualité de vie, dynamisme et respect de son patrimoine. C’est cette vision que je porte depuis 2020, et c’est celle que je continuerai à défendre pour notre commune.
Silvio Biello
Maire sortant candidat à sa réélection